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Les migrations estivales du mois de juillet avaient vidé la terrasse du Café des Arts de ses habitués. Le centre-ville était à nouveau vivable et les rares consommateurs moins pressés, moins stressés, savouraient le bien-être convivial de ceux qui n’étaient pas partis.

À la sortie du bureau, Coline avait invité son amie Ninon à déguster une boisson fraîche. Elle pourrait ainsi profiter du soleil de cette fin d’après-midi pour faire bronzer ses gambettes. Quand la chaleur devient étouffante, les codes de la moralité esthétique se relâchent un peu et Coline releva sa robe légère jusqu’à mi-cuisses en appréciant la douce brûlure du soleil sur la peau tendre, à la limite de son intimité.

D’ailleurs, elle s’amusait du regard gêné du promeneur, surpris à plonger son regard sous sa robe. Mais généralement en homme bien élevé, il continuait son chemin, laissant libre court à son imagination, plus excité par ce qu’il avait imaginé que par ce qu’il avait réellement vu.

* — Tu as vu celui-là, dit-elle à Ninon en pouffant de rire, il est parti rouge comme une pivoine.
* — Tu exagères Coline, si ton mari te voyait.
* — Il serait le premier à en rire et je suis sûre qu’il en serait émoustillé.
* — Le mien… répondit Ninon.


Son mari l’avait quittée il y avait déjà plus d’un an, mais elle se surprenait encore à parler de lui au présent.

* — Au fait, dit Coline, ce n’est pas trop pesant de vivre seule ?
* — Oh si bien sûr, mais je ne me sens pas prê...
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