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le 01/11/2009 à 13:51

Les migrations estivales du mois de juillet avaient vidé la terrasse du Café des Arts de ses habitués. Le centre-ville était à nouveau vivable et les rares consommateurs moins pressés, moins stressés, savouraient le bien-être convivial de ceux qui n’étaient pas partis.

À la sortie du bureau, Coline avait invité son amie Ninon à déguster une boisson fraîche. Elle pourrait ainsi profiter du soleil de cette fin d’après-midi pour faire bronzer ses gambettes. Quand la chaleur devient étouffante, les codes de la moralité esthétique se relâchent un peu et Coline releva sa robe légère jusqu’à mi-cuisses en appréciant la douce brûlure du soleil sur la peau tendre, à la limite de son intimité.

D’ailleurs, elle s’amusait du regard gêné du promeneur, surpris à plonger son regard sous sa robe. Mais généralement en homme bien élevé, il continuait son chemin, laissant libre court à son imagination, plus excité par ce qu’il avait imaginé que par ce qu’il avait réellement vu.

* — Tu as vu celui-là, dit-elle à Ninon en pouffant de rire, il est parti rouge comme une pivoine.
* — Tu exagères Coline, si ton mari te voyait.
* — Il serait le premier à en rire et je suis sûre qu’il en serait émoustillé.
* — Le mien… répondit Ninon.


Son mari l’avait quittée il y avait déjà plus d’un an, mais elle se surprenait encore à parler de lui au présent.

* — Au fait, dit Coline, ce n’est pas trop pesant de vivre seule ?
* — Oh si bien sûr, mais je ne me sens pas prête à recommencer une nouvelle histoire d’amour. Pour être franche c’est surtout le côté sexuel qui me manque. Mais je ne me vois pas sauter sur le premier venu en lui disant « S’il vous plaît Monsieur, je vous trouve joli garçon et j’aurais aimé que vous me baisassiez ».


Coline reprenant la balle au bond, répliqua :

* — Mais surtout ne vous accrochez pas. Reprenez votre service trois-pièces et passez votre chemin. Je n’ai nul besoin d’amour, mais seulement d’une bonne queue pour satisfaire mes manques.
* — On en rit, dit Ninon, mais je voudrais bien t’y voir à ma place quand ton corps est en état de manque et que le seul remède est la bonne volonté de tes doigts, même agiles.


Coline resta songeuse en regardant son amie puis soudain :

* — Je suis en train de penser à quelque chose, une solution peut-être…
* — Tu vas me proposer de consulter les annonces Internet ou une autre solution foireuse.
* — Non, ce n’est pas à cela que je pense mais je ne sais comment l’exprimer.
* — Étale-le sur la table et je vais trier.
* — L’autre jour Boris…
* — Ton mari ?
* — Oui, Boris mon mari. Après une séance de baise mémorable, nous en étions à nous révéler nos fantasmes. Il m’a alors demandé si j’aimerais faire une partie à trois, nous deux et une autre femme. Je n’ai pas voulu le braquer en refusant sa proposition et je suis restée dans le vague en répondant ni oui, ni non.
* — Ninon ? Et tu viens de penser à moi pour cette expérience un peu… libidineuse ?
* — Je n’ai fait qu’y penser ; mais tant qu’à la réaliser, j’aimerais autant que ce soit avec une amie de longue date en qui j’ai entière confiance.
* — Je suis surprise et troublée Coline. Tu me prends au dépourvu.
* — Tu me disais à l’instant que si tu trouvais un mec sympa, pas chiant, beau garçon, tu te le ferais bien à condition de ne pas mêler de sentiment amoureux. C’est exactement ce qu’il te faut.
* — Oui, mais je n’avais pas imaginé une autre femme dans l’histoire.
* — Mais Ninon, je ne suis pas une autre femme, je suis Coline ta meilleure amie. Nous avons partagé tous nos secrets, nos espoirs, nos émotions, nos déceptions, pourquoi pas un homme le temps d’une soirée.
* — Cet homme c’est quand même ton mari.
* — Oui justement, ce serait un très beau cadeau pour toi et pour Boris. Je ferais « d’une pierre, deux coups ».
* — C’est en tous cas une belle contrepèterie !
* — Alors ?
* — Je te donnerai un coup de fil ce soir pour te donner ma réponse.
* — Allô ! c’est toi Ninon ?
* — Je t’appelle comme convenu pour te donner ma réponse.
* — Et c’est… ?
* — Boris est rentré ?
* — Non, pas encore.
* — C’est plus facile de parler entre nous. Avant de te dire oui, je voudrais aménager une porte de sortie si jamais je me dégonfle au dernier moment. Tu es d’accord ?
* — Comme tu le souhaites Ninon et comment envisages-tu cette sortie de secours ?
* — Tu lui en as déjà parlé ?
* — Non, je ne l’ai pas vu depuis notre petite conversation.
* — Je vais donc te proposer ma manière de voir les choses. Tu ne lui en parles pas. Tu trouves une occasion pour m’inviter un soir pour une raison quelconque. Toi et moi nous savons quel est le but de la soirée, mais Boris ne doit pas le savoir. On improvisera toutes les deux pour orienter le déroulement de la soirée vers notre petite partie. Comme cela, si jamais ça coince d’un côté comme de l’autre, on se sépare sans problèmes.
* — Il n’y a pas de raisons pour que ce soit un échec, tu en as envie, moi aussi et Boris je connais sa réaction d’avance, il sautera à pieds joints.
* — Tu es sûre que tu accepteras de me voir baiser avec ton chéri et d’attendre ton tour comme à confesse ?
* — En un seul mot ? Oui je sais la plaisanterie est éculée ! Je crois que c’est mieux de considérer qu’on baisera tous les trois ensemble et pas chacune son tour avec Boris.
* — C’est bon je me lance et je dis oui à la grande aventure.
* — OK Ninon, je prépare ça et je te tiens au courant. Bisous.



Profondément installée dans le fauteuil du salon, Coline réfléchissait à la soirée qu’elle s’était mise en tête d’organiser. Elle ne voulait pas que cette réunion à but érotique ressemble à une partouze organisée. Elle s’imaginait mal une tournure des événements sur l’air de « tout le monde à poil maintenant, embrochez qui vous voudrez ». Faire l’amour à trois, c’est bien beau, mais Ninon et elle allaient se trouver dans des postures à la limite de la bisexualité. Toutes les deux sur un même homme, ça pouvait générer des digressions collatérales ? Pourtant l’idée ne l’effrayait pas vraiment. Les caresses d’une femme, avalisées par la présence de son mari ne feraient qu’ajouter un peu de piment à l’aventure. Son éthique érotique s’accommoderait bien de quelques petites entorses à son hétérosexualité toujours bien affichée.

« Mais suis-je honnête avec moi moi-même ? » se dit Coline. Est-ce qu’au travers de la satisfaction du fantasme de son mari, ce ne serait pas une face cachée de sa nature qu’elle tenterait d’assouvir ? Peut-être, on allait bien voir.

« Elle est quand même un peu cinglée ma copine », se dit Ninon, seule dans son lit trop grand. La proposition de Coline l’envahissait comme une rengaine obsessionnelle qui vous court dans la tête. Des images naissaient dans son esprit et chacune laissait dans son corps une humidité croissante. Les images s’estompaient, remplacées par des sensations de plaisir qu’elle entretenait habilement du bout de ses doigts.

Un beau mâle couché sur elle, une chaleur virile plaquée contre sa chair.

Elle ouvrait largement ses cuisses à ce qui n’était presque plus de l’imaginaire mais du futur proche. Elle ressentait ce pénis dur, chaud et palpitant se glisser en elle avec force… Elle le voyait comme par miracle en même temps dans sa main… Ce membre d’homme, de Boris, était omniprésent, elle le palpait vigoureusement, alors qu’en même temps il la pourfendait jusqu’au tréfonds de son ventre…

Possédée par toutes ces sensations, l’image de Coline venait alors en surimpression retarder les frissons qui affleuraient à la surface de sa conscience. Elle ne savait pas comment la gérer. Où était-elle, entre Boris et elle, se coulant entre leurs corps ?

Elle voyait sa douce main de femme guidant la verge noueuse de son mari entre ses fesses, préparant l’effraction de sa porte étroite, de son doigt mouillé.

Mais où était passé l’homme, son corps viril et sa verge sécurisante ?

Son ventre s’écrasait sur un ventre de femme, ses seins se fondaient sur des seins de femme en une étrange gémellité. Était-ce du plaisir ou de la répulsion ? Au moment où elle tentait de s’échapper à l’étreinte féminine, un pieu impératif planté dans son fondement l’obligeait à assumer cette nouvelle dualité sensuelle.

Le frisson était immense et, enserrant entre ses fesses ce pieu imaginaire, elle survolait sa condition humaine pour tutoyer Éros et le divin plaisir.

Pantelante, Ninon hésitait à reprendre pied dans la réalité. « Comment ai-je osé ? »

Partagée entre plaisir gigantesque et honte minuscule, elle sombra dans le sommeil.



Boris rentra tard ce soir. Il était onze heures passées. Il était de corvée pour envoyer un gros client dans un restaurant gastronomique de la ville. Le gros client, un être chétif de 50 kilos tout mouillé, avait pompé toute son énergie en lui parlant de ses usines et de son business à la con.

Coline était endormie sur le fauteuil du salon, la télé hurlant ses insanités habituelles sans que cela ne trouble la belle au bois dormant.

Au lieu de la réveiller, Boris la regarda amoureusement. Sa robe retroussée dévoilait ses cuisses bronzées, résultat de nombreuses heures passées sous les UV artificiels. Il se pencha pour constater que sa belle n’avait pour tout sous-vêtement que la toison brune de son mont de Vénus.

Amorcer une petite branlette en se rinçant l’œil, voilà une belle idée, se dit l’homo erectus. Il se planta à genoux devant elle et sortit de sa braguette une belle et grosse queue bien raide. Il empoigna sa verge et poussa quelques gémissements de plaisir en la branlant. Coline ouvrit un œil et aperçut la main puissante de son mari s’activer sur son sexe. Boris n’arrêta pas pour autant l’agitation bienfaisante de sa poigne masculine et le sourire aux lèvres lui sortit un :

* — Bonsoir ma chérie, je ne te dérange pas ?
* — Hum, non au contraire, continue ; contempler au réveil le morceau de bravoure de ton one-man-show est un régal pour moi, m’excite, me fait monter l’eau à la bouche et une divine liqueur entre les cuisses. Ta réalité dépasse d’une bonne raideur la fiction du rêve érotique dans lequel je baignais.
* — Fais-moi partager tes instants de débauche onirique mon amour, cela attisera le plaisir de mon exhibition onaniste.
* — Je veux bien, à la condition que tu n’ailles pas jusqu’à la jouissance. J’en serais trop frustrée.
* — Je te promets donc mon amour, que mon éjaculation n’aura d’autre réceptacle que l’un des orifices de ton corps adoré, que tu auras librement choisi. À quoi rêvais-tu, alors ?
* — Patience ! Bel étalon, tu sauras tout de mes fantasmes les plus secrets, mais laisse ma main remplacer la tienne sur ta queue superbe. Je veux être maîtresse de la montée de ton désir : par ma voix et mes expressions impudiques mais encore par les vibrations que mes doigts sauront transmettre à tes récepteurs érogènes.
* — Je te laisse donc la main, belle amante.
* — Si tu te mettais debout grand fou, j’aurais une position plus confortable pour branler ta bonne queue, et elle serait juste à la bonne hauteur, devant ma bouche pour une petite gourmandise.
* — À part que tu aurais du mal à parler la bouche pleine, jolie conteuse.


Boris se releva, laissa choir son pantalon et son caleçon, les enjamba pour se retrouver bien campé sur ses jambes nues et bronzées, son bâton de chair palpitant et raide, tendu vers le plafond.

Coline prit délicatement la truffe de cette bête arrogante du bout de ses doigts en commençant par calmer les frissons qu’elle pressentait déjà.

* — J’étais dans une forêt ou plutôt dans une petite clairière au milieu de cette forêt. J’étais toute nue, l’air était tiède et je ne sais ce qui m’avait amenée à cet endroit si ce n’est peut-être le besoin de faire un petit pipi dans ce lieu isolé et sauvage.


La main de Coline caressait doucement la hampe du sexe tendu, mais sans resserrer ses doigts, évitant de passer trop vite de la caresse à une masturbation accentuée. Boris modulait au fur et à mesure des gémissements de plaisir pour inciter la jolie branleuse à accentuer ou à ralentir son œuvre libidineuse.

* — Mais au lieu d’assouvir ce besoin naturel juste en m’accroupissant, j’eus l’idée saugrenue, de rester bien debout les jambes écartées, de pisser comme un homme, et donc d’octroyer à ma féminité, ce viril privilège d’un impudique jet.
* — Ton rêve est très excitant, mais ensuite ? Et tu m’oublies Coline, ta main s’est arrêtée.
* — Comme cela, ça te va ?


Coline avait repris un lent mouvement de branle, tout en glissant, la coquine, sa main sous les couilles velues de son mari impatient.

Seul un léger râle de mâle satisfait fit écho à sa demande.

* — Malgré l’envie pressante et mon ventre douloureux, l’incongruité de ma position retardait l’arrivée du jet libérateur. De mes doigts j’écartai bien ma fente lançant à un être imaginaire mon défi indécent. La dernière marche de la libération de la femme : ne plus se recroqueviller contre le sol, cachée et effacée mais se dresser sans pudeur et sans honte même pour l’envie de pisser, contrecarrant pour sûr, un petit peu la nature.
* — J’adore ton fantasme ma chérie, mais à propos de contrecarrer la nature, tu pourrais me glisser un petit doigt ?
* — Tiens, prends-le donc à sucer, dit Coline en lui tendant l’index, enduis-le de salive et tu vas voir comment il va glisser quand je te l’enfoncerai.
* — J’aime ton souci du détail et du travail bien fait. Une perle, mon doux, mon tendre, mon excitant amour, une perle, voilà ce que tu es. Ton rêve, Coline, tu l’as laissé tomber au moment où ton envie si forte était bloquée. Oh oui chérie ! Un peu inattendue ton enculade mais combien délicieuse, je l’avoue.
* — J’étais debout exhibée devant mon propre imaginaire, ventre à l’air, ventre ouvert, prête à effectuer cette miction non conformiste non seulement en faisant jaillir un jet libérateur mais encore en laissant s’exprimer trente-cinq ans de frustration cachée. Si elle se fit attendre, la source fut torrentielle, et mon plaisir sans égal. J’arrosais la mousse tendre de la clairière et de mes doigts fébriles je faisais osciller la courbe de mon jet doré. Si les hommes, ces cons ! se sentent rassurés par la présence d’un mur ou de tout autre brise-jet, moi, femme, j’étais sans entraves, je pissais à la face du monde en criant à tue-tête ma soif de liberté… et tu es arrivé, mon beau risque, en tendant ta belle queue au niveau de mes yeux encore embués du délire de mon inconscient. Et si tu me baisais maintenant, mon bel amour ? J’aimerais que tu me prennes sauvagement.
* — Tu m’inviteras un jour dans ta clairière, jolie rêveuse, on pourrait tous les deux envisager que la réalité dépasse la miction.



Les étreintes de leur nuit se lisaient sur les yeux défaits de Coline et de Boris. Trop de plaisir, trop peu de sommeil, les regards rayonnants sous les paupières tombantes.

* — Au fait, lança Coline à la volée en tortillant son joli derrière pour le faire entrer de force dans un jean trop serré, j’ai invité Ninon à dîner pour samedi soir. La pauvre, elle est toute seule et s’emmerde à cent sous de l’heure.
* — C’est une bonne idée, elle est sympa, et je l’aime bien. Comme je ne travaille pas samedi je m’occuperai des courses et du repas. Dis-lui de prévoir de rester dormir ici car ça m’étonnerait qu’elle ne boive que de l’eau.
* — OK à ce soir mon amour, travaille bien, fais de bonnes affaires et ramène-nous beaucoup de sous.



* * *


* — Ah ! c’est toi Ninon, je croyais que c’était Coline. Ça me fait plaisir de te voir, mais j’avoue que je ne t’attendais pas si tôt.


Boris prit Ninon dans ses bras en lui collant deux bons gros bisous sur les joues.

* — Coline a été obligée de rester un peu plus tard pour terminer boulot urgent. J’ai pensé que je pourrais t’aider pour la cuisine.


Ninon était un peu troublée. Elle portait une robe très légère et quand elle sentit contre elle, presque contre sa peau, le corps puissant de Boris en pantalon et chemise ouverte sur son torse nu, les frissons qui la parcoururent étaient en accord avec l’objectif caché de la soirée.

* — C’est très sympa de ta part mais croyant que c’était Ninon qui arrivait, je ne sais pas si je suis en tenue très convenable.
* — Oh tu sais, avec cette chaleur, tu as bien fait de te mettre à l’aise.
* — Ta robe te va à ravir, tu es vraiment splendide Ninon !


Ninon avait pourtant hésité à mettre cette robe, qu’elle avait payée une fortune, mais qui était un peu transparente dans les contre-jours. Surtout qu’au dernier moment elle avait décidé de ne pas mettre le fond de robe avec lequel cette robe était prévue. Tant qu’elle restait dans l’ombre du salon rien à craindre, mais surtout éviter de se trouver entre Boris et la porte-fenêtre. Ce seraient les conditions d’un hors-jeu au football. Elle sourit intérieurement de sa comparaison.

* — Que puis-je faire pour t’aider ? demanda Ninon.
* — Avec ce que je prépare, tu risques de te tacher. Et ce serait vraiment dommage.
* — Tu as peut-être un tablier de cuisine ?
* — Non, mais si tu le veux, je vais prendre une fringue à Coline, elle est plus grande que toi mais pour faire la cuisine, ce n’est pas un concours d’élégance.
* — D’accord.
* — Viens voir dans le dressing.


Ninon suivit Boris dans le dressing. Elle attendit que Boris choisisse.

* — Tiens, ça c’est une robe tunique, dit Boris. Coline ne la met plus depuis longtemps, elle ne risque rien.
* — Elle devrait m’aller, je vais l’essayer.


Ninon prit la robe en coton épais. Elle n’était pas transparente celle-là, pensa-t-elle, mais vraiment courte. Elle attendit que Boris sorte, mais celui-ci ne semblait pas se décider.

* — Je vais aller dans la chambre pour la mettre, dit Ninon.


Elle sortit, la robe sous le bras et soudain réalisa que pour aller à la chambre elle devrait passer devant la porte-fenêtre. Si au moins Boris pouvait regarder ailleurs.

« Mais tant pis, j’y vais, même s’il voit mes fesses. Du moment qu’il se croit le seul à le savoir. Je joue l’innocente, et le désir viendra de lui. Je pense que je vais même prendre mon temps pour l’exhibition de mes transparences. Finalement j’espère qu’il a bien vu mes cuisses et mes fesses. Il sera en condition. »

Ninon entra dans la chambre et se plaça dans un coin hors de l’angle de vue du salon. Mais sans pousser la porte. Elle ne voulait quand même pas faire la chochotte. Boris ne viendrait quand même pas dans la chambre lui demander s’il pouvait entrer.

Ninon avait enlevé sa robe et n’avait sur elle qu’un mini-slip brésilien de dentelle blanche et le soutien-gorge assorti.

Elle enfila la robe trapèze genre Courrèges des années 60. Pour être courte, c’était du ras-les-fesses.

* — Elle te va ? claironna Boris de la cuisine.
* — Elle est un peu courte !
* — Ce n’est pas grave, personne ne te verra.


Prenant sur elle, Ninon sortit de la chambre et entra dans la cuisine :

* — Si, quelqu’un peut me voir, toi.
* — Elle est un peu courte mais c’est juste pour ne pas salir la tienne.
* — Si je me baisse, on verra ma culotte.
* — Tire ta culotte, on ne la verra plus, répliqua Boris en éclatant de rire.
* — Tu dis vraiment n’importe quoi, jamais sérieux.
* — Fais le test, Ninon, je serai l’arbitre pour te dire jusqu’où on peut placer l’angle limite de l’indécence.


La situation commençait à émoustiller Boris qu’un début d’érection incitait à pousser le jeu un peu plus loin.

* — Allez, Ninon tourne-toi, baisse-toi doucement et je te dirai STOP quand je commencerai à voir le premier bout de tissu de culotte.
* — Imagine ce que dirait Coline si elle nous surprenait ainsi.
* — Elle serait la première à rire de bon cœur de cette situation piquante. Juste quelques secondes pour amorcer la descente de tes épaules vers le bas et la remontée de ta robe vers le haut. Je m’assois sur la chaise pour être à hauteur. Allez Ninon, top ! on y va.


Prise dans le jeu, Ninon présenta son dos à Boris.

* — Là, tu es tout à fait convenable Ninon, tu as de très belles jambes et je ne vois que la moitié inférieure de tes cuisses.


Ninon ouvrit le buffet devant elle et se baissa légèrement pour prendre un verre sur l’étagère du milieu.

* — Le tableau est charmant et commence à devenir intéressant, dit Boris, je commence à voir une partie de cuisse qui me semble bien près de ce que l’on nomme intimité. Pourtant c’est toujours décent. La bande de chair découverte me semble très tendre et très douce, mais pas la moindre petite culotte à l’horizon.
* — Et si jamais je ne portais pas de culotte ? dit Ninon en se retournant, tu serais pris à ton propre jeu.
* — Ce ne serait pas pour me déplaire, au contraire, mais cessons de rêver. Prouve-le en continuant ta descente indécente. Ninon, j’ai un doute. Sous la ligne de tissu de la robe commencent à poindre deux joues de chair bien appétissante que je pense être l’orée de tes fesses mais toujours pas de culotte. Aurai-je deviné la supercherie ?
* — Nous avons atteint les limites de l’indécence Boris, mais peut-être pas celles de ton jeu.
* — Jamais plus beau cul ne fut porté à ma vue Ninon. J’ai vu que le tissu de dentelle disparaît entre tes fesses qui se tendent vers mon œil chaviré de ravissement.
* — Voilà, Boris tu es content de toi maintenant ?
* — Si tu savais à quel point je le suis, mais promets-moi, pas un mot à Coline.
* — Pourquoi ? Tu étais le premier à dire tout à l’heure qu’elle rirait de la situation.
* — J’en suis persuadé, mais c’est la seule lâcheté que je m’autorise : mentir par omission.


Le carillon de l’entrée sauva Coline d’une promesse fallacieuse et Boris d’un envasement malhabile dans ses contradictions.

* — Bisou mon chou, bisou ma puce. Tiens ! Où as-tu déniché cette vieille fripe ?
* — C’est à toi idiote, je me suis changée pour aider Boris à la cuisine. C’est lui qui l’a dénichée pour moi.
* — Je me souviens, je l’avais achetée dans une friperie il y a quelques années. J’ai dû la mettre une ou deux fois et encore juste à la maison, je ne sais pas si tu t’en es aperçue mais c’est vraiment ras-la-case-trésor.
* — Oui j’ai vu, mais c’est juste pour la cuisine.
* — Tel que je connais mon Boris, son regard a dû faire plus d’une fois des infidélités à sa sauce armoricaine en matant tes jambes superbes.
* — Si peu ma chérie, si peu.
* — Moi je vais me changer et faire un brin de toilette, tu m’accompagnes Ninon ?


Boris installa les verres et les amuse-gueule sur la table basse du salon. Est-ce que Ninon était en train de tout raconter à son amie ? Heureusement que le coup de sonnette avait coupé net les bouffées de désir qui avaient embrasé son corps devant le cul si érotiquement exhibé de Ninon. Il en frissonnait encore. Les deux globes joufflus des fesses de Ninon et la raie profonde à peine dissimulée par la bande de dentelle blanche. Quelques secondes de plus et il se jetait sur elle pour enfouir son visage dans cette vallée profonde.

Il se voyait, écartant la bande du slip, glissant sa langue…

* — Comment nous trouves-tu ?


Les deux filles, en un unisson parfait, interrogeaient Boris éberlué. Ninon avait revêtu la robe qu’elle portait en arrivant, et Coline avait opté pour une combinaison en polyamide lycra blanc qui la moulait comme une seconde peau. Les deux tenues avaient comme dénominateur commun une certaine transparence.

* — Vous êtes magnifiques, aussi belles l’une que l’autre. Je suis vraiment un homme gâté ce soir, dit Boris en posant sa main sur les fesses de sa femme.
* — On ne touche qu’avec les yeux ! dit Coline en s’esquivant du pelotage affectueux de son mari.
* — C’est déjà un plaisir extraordinaire et multiplié par deux, répond-il en regardant Ninon.
* — Tu ne trouves pas que la robe de Ninon est un peu trop transparente ?
* — Je n’irai pas m’en plaindre.
* — Oui, regarde, dit Coline en entraînant Ninon devant la porte-fenêtre, on voit tout, non ?
* — Tout non, mais on devine bien, et j’avoue que j’aime assez.
* — Les hommes sont d’éternels voyeurs, dit Ninon sur le ton de la confidence à l’oreille de son amie.
* — Les femmes aiment aussi qu’on les regarde, qu’on les admire, que l’on rende hommage à leur beauté.
* — Oui, dit Coline mais seulement ce que l’on décide de montrer. Dès que l’on franchit cette acceptation, il y a voyeurisme. Comme toi, tout à l’heure avant mon arrivée avec Coline.


« Ah la perfide Ninon ! Elle a cafté. Comment ai-je pu imaginer un seul instant qu’elle tairait ma petite incartade ! »

* — Ce n’était qu’un jeu Coline.
* — Tu trouves que demander à une femme de montrer son cul est du domaine du jeu ?
* — Pour moi oui.
* — Ninon et moi en avons discuté, et Ninon a trouvé que cela méritait une punition. J’ai trouvé la punition. Les voyeurs vont changer de camp. Nous te mettons en demeure d’ôter tes vêtements, et de nous servir comme des reines toute la soirée, mais à poil. Complètement à poil.
* — Et pour commencer, un petit strip-tease, rajoute Ninon en s’affalant dans le canapé aux côtés de Coline.
* — Il n’a pas grand-chose à enlever mais c’est le geste qui compte. De toute façon tu ne cours pas un bien grand risque si ce n’est celui de nous décevoir de ta prestation. C’est même un beau risque Boris.


Coline se leva et mit un CD des Blues Brothers pour rythmer l’effeuillage.

* — Un peu de danse érotique pour commencer et tenir tes spectatrices en haleine.


Boris se mit à suivre le tempo lancinant de « Minnie the Moocher ». Les deux filles tapaient dans leurs mains sur les contre temps pour exciter l’effeuilleur amateur. Dans le refrain quand le chant faisait « Hidehidehidehi » et que la foule reprenait le riff, elles remplacèrent en riant aux éclats les paroles par :

* — Il va tirer sa chemise !


À la troisième sollicitation de ses deux fans, Boris se prit au jeu et chanta à pleins poumons ce morceau qu’il connaissait par chœur.

* — Hodehodehodeho !
* — Et tirer son pantalon !


Lequel des trois s’amusait le plus, c’était difficile à dire. Ce qui était présenté comme « punition » devint vite une excitation collective. Les filles chantaient de plus en plus fort mais ne parvenaient pas à supplanter la voix puissante et grave de Boris. Ils chantaient juste tous les trois. Quel bonheur !

Alors que le chanteur compliquait sa rengaine :

* — Hidehidehidehidehidehidehi !


Et qu’il n’était plus possible d’y glisser les directives érotiques, les rires remplacèrent les paroles.

Boris fit glisser son pantalon sous les applaudissements des chœurs de femmes. Coline se précipita sur la télécommande du lecteur CD pour mettre le morceau en répétition. Boris était en slip chantant et se déhanchant d’une manière de plus en plus impudique, jetant en saccades son ventre en avant. Il mimait les mouvements du coït et baisait une partenaire imaginaire. La bosse que formait son sexe sous le tissu du slip dénotait l’état d’excitation dans lequel se trouvait notre chippendale d’un soir. Il caressa d’une main la bosse de son sexe dont la longueur hors-tout était incompatible avec la hauteur du triangle de tissu. Une bonne moitié de son gland dépassait impudiquement de l’élastique de la taille. Boris, dans sa transe à peine feinte remarqua que Ninon se pourléchait les lèvres avec ostentation à chaque arrêt du refrain.

* — Le slip ! Le slip ! Le slip ! chantèrent les deux filles.


Boris fit descendre petit à petit l’élastique, laissant son gland à l’air comme un poisson avide d’oxygène à la surface de l’eau.

* — Tout nu ! Tout nu ! Tout nu !


Boris se retourna et présenta ses fesses découvertes par la coupe échancrée du slip. En quelques secondes les fesses musclées se découvrirent sous de nouveaux applaudissements. Le slip tomba à terre. Boris se baissa pour le ramasser, exhibant par la position un bel échantillon de son matériel de reproduction. Il jeta le dernier rempart de sa virilité sur les genoux des dames et levant les bras en V, s’immobilisa juste devant son invitée.

Le sexe de Boris était magnifique, là devant elle et Ninon, déjà trempée de jouissance résista à l’envie de le prendre à pleines mains, de le palper, de le serrer, de l’enfourner dans sa bouche, de se le carrer entre les cuisses dans sa chatte inondée. Elle en voulait, elle était au bord de péter les plombs de désir. Mais ce n’était qu’un jeu et elle ne voulait pas gâcher le reste de la soirée par un réflexe imbécile. Elle tourna la tête sur le côté et s’aperçut que son amie avait la main serrée entre ses cuisses et que manifestement elle ne s’était pas contentée de faire semblant de jouir.

* — J’ai l’impression, mesdames, que mon spectacle vous a plu, n’est-ce pas Coline ?
* — Bien sûr, que j’étais excitée, je me suis même caressée jusqu’à l’orgasme, c’est pour te dire.
* — Moi, dit Ninon, je l’aurais bien fait mais je n’ai pas osé.
* — Tu es bête, lui dit Coline, il faut prendre le plaisir quand il se présente. Pour te consoler, je t’autorise à caresser la queue qui t’a tant excitée.


Ninon avança la main vers le sexe tendu et raide de Boris et l’empoigna fermement. Elle sentait dans sa main la pulsion sanguine du désir du mâle. Son imagination fit le reste. Elle se voyait à la renverse sur ce canapé, cuisses ouvertes, chatte offerte, le sexe puissant de Boris l’empalant sans fioritures. La queue chaude et palpitante qu’elle tenait entre ses doigts, la remplissait vigoureusement et giclait sa jouissance en ultimes soubresauts.

Si la main de Ninon semblait tétanisée sur la queue de Boris, celui-ci poussé par des bouffées de désir incontrôlables, entama des va-et-vient dans le creux de sa main. Perdant tout contrôle de la situation, elle jeta un regard interrogateur vers Coline qui, d’une moue amusante, semblait lui dire :

* — Démerde-toi, c’est toi qui gères à présent.


À l’interrogation muette de Boris, Coline changea l’expression. Il perçut la réponse comme :

* — C’est ton problème, tu es assez grand pour être responsable de tes actes.


Bref, Coline ne voulait pas se mouiller dans la situation explosive qui régnait dans le salon. Elle était déjà assez mouillée de la récente explosion de ses sens.

Boris ignorant soudain toutes les hésitations communes, abdiqua en faveur de sa libido triomphante. Il souleva la robe de Ninon, découvrant ses cuisses puis son ventre. Elle lâcha un instant le mari de son amie pour l’aider à faire passer la robe par-dessus sa tête et, dans la même impulsion, faire tomber son slip à terre. Ouvrant largement ses cuisses, elle agrippa à nouveau le pieu de chair, avec la ferme intention de s’y empaler.

Soudain Coline s’exclama :

* — On dirait que ça sent le brûlé !
* — Oh ! Merde, mon coq au vin, cria Boris en se dégageant de l’emprise de Ninon et en courant vers la cuisine.


En courant trop vite. Cul nu, c’est sans conséquence, mais pieds nus sur le carrelage mouillé par la condensation du plat préparé avec amour. Sssssslip ! Perte d’équilibre, le corps partant en vrille, le bel athlète se rattrapant on ne sait comment, mais ne se redressant pas. Il restait courbé dans une position grotesque, épaules basses et les fesses en l’air mais sur ses jambes.

* — Je suis bloqué ! enragea Boris devant l’expression angoissée des deux filles, l’une habillée, l’autre nue à part le soutien-gorge.
* — C’est sûrement une vertèbre, dit Coline.
* — C’est peut-être une vertèbre, reprit Ninon, mais je dis que c’est plutôt une malchance.


Soutenue par ses deux compagnes Boris rejoignit péniblement le canapé sur lequel il se lova en chien de fusil, n’ayant pas pu se redresser.

Ce qui aurait pu tourner au tragique, était maintenant dédramatisé.

Les deux amies ne pouvaient s’empêcher de sourire et de plaisanter du burlesque de la position.

* — Ton dos est devenu tout raide, mais c’est parce que la raideur d’il y a un instant s’est déplacée. Peut-être que ton sexe ramolli en prenant de la vigueur assouplira ton dos. On ne peut pas être raide de partout en même temps.
* — Tu rigoles, dit Ninon, mais avoue que je n’ai pas beaucoup de chance. Pour la première fois depuis bien longtemps j’allais m’envoyer en l’air, et hop, raté. Tout ça à cause d’un satané coq au vin.
* — Tu crois que c’est mieux pour moi, geignait Boris courbé sur son canapé les fesses nues, le sexe mou avec un regard de cocker. J’étais à deux doigts de réaliser un vieux fantasme.
* — Merci pour le vieux fantasme dit Coline en montrant Ninon, maladroit et goujat en plus… Nouveau motif, nouvelle punition.


Se tournant vers Ninon :

* — Tu viens dans la chambre Ninon ? J’ai moi, un nouveau fantasme, c’est d’essayer de faire l’amour à une femme.
* — C’est peut-être de la transmission de pensée ou de la transmission de désir, mais j’essaierais bien, moi aussi… chérie.
* — Laissons notre goujat cassé ressasser son infortune. Après nous mangerons un sandwich.
   
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